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En bref : • L'Assemblée nationale a rejeté le plan du gouvernement qui visait à durcir le malus écologique automobile, offrant un répit aux constructeurs. • La réforme prévoyait d'abaisser le seuil de déclenchement du malus CO2 à 99 g/km d'ici 2027 et d'augmenter la pénalité maximale à 90 000 euros. • Cette décision repousse temporairement la transition vers une mobilité plus verte, mais le gouvernement reviendra probablement avec une nouvelle proposition. • Les constructeurs sont soulagés mais restent conscients que la décarbonation du parc automobile français demeure un objectif incontournable. |
Figure-vous que l’Assemblée nationale vient de mettre un coup d’arrêt à ce qui aurait pu être une révolution dans notre façon d’acheter nos voitures. Le plan du gouvernement pour durcir drastiquement le malus écologique a été retoqué par les députés. Une décision qui fait souffler les constructeurs automobiles, mais qui pourrait faire grincer des dents les défenseurs de l’environnement. Qu’est-ce que ça change pour vous?
Sommaire
Le plan ambitieux qui a fait pschitt
Je vous explique. Le gouvernement avait mis sur la table un projet culotté. Vraiment. L’idée? Pousser les Français vers des véhicules moins polluants en tapant là où ça fait mal – le portefeuille.
Ce plan prévoyait d’abaisser progressivement le seuil de déclenchement du malus CO2. De 118 g/km en 2024, on serait passé à un drastique 99 g/km en 2027. Autant vous dire que ça changeait tout! Des voitures jusqu’ici épargnées se seraient retrouvées dans le viseur du fisc.
Ce qui nous attendait avec cette réforme
Et ce n’est pas tout. Le montant maximal de la pénalité aurait fait un bond spectaculaire, passant de 60 000 euros à 90 000 euros en 2027. Vous voyez le tableau? Même les petites citadines et les hybrides – oui, oui, les hybrides que tout le monde considère comme « écologiques » – auraient été touchées.
J’ai discuté avec un concessionnaire la semaine dernière qui m’avouait être terrifié par cette perspective: « Mes clients commençaient déjà à repousser leurs achats en attendant d’y voir plus clair. »
Des milliards dans les caisses de l’État… en théorie
L’étude de Mobilians était sans appel. Les recettes générées par ce malus auraient explosé. On parle de quelques centaines de millions d’euros en 2023 à plusieurs milliards en 2027. Une manne financière colossale qui aurait dû, en théorie, financer la transition écologique.
Trois facteurs expliquaient cette explosion programmée:
| Facteur | Impact prévu |
|---|---|
| Élargissement de l’assiette du malus | Plus de modèles concernés, même les « propres » |
| Augmentation des pénalités | Jusqu’à 90 000€ pour les véhicules les plus polluants |
| Hausse des ventes de véhicules neufs | Plus d’achats = plus de malus collectés |
Les constructeurs entre soulagement et incertitude
Pour les constructeurs, c’est un ouf de soulagement. Temporaire. Car bon, soyons honnêtes, la décarbonation du parc automobile français reste un objectif incontournable. Cette réforme rejetée ne fait que repousser l’échéance.
Un cadre chez Stellantis m’expliquait récemment: « On sait que ça viendra d’une façon ou d’une autre. On développe nos gammes électriques à marche forcée, mais on a besoin de temps pour que le marché s’adapte. »
Le défi reste énorme. Les constructeurs doivent transformer leurs gammes tout en maintenant des prix accessibles. Et vous, seriez-vous prêt à payer plus cher pour polluer moins? C’est toute la question.
Un rendez-vous manqué avec l’écologie?
Cette réforme avait un but clair: accélérer la transition vers une mobilité plus verte. Les défenseurs de l’environnement ne cachent pas leur déception. J’ai croisé un militant écologiste qui soupirait: « On perd un temps précieux. Chaque année de retard, c’est des tonnes de CO2 supplémentaires dans l’atmosphère. »
Le malus poids, qui taxe les véhicules les plus lourds, était également concerné par ce durcissement. Une mesure qui visait particulièrement les SUV, dont la popularité ne se dément pas malgré leur impact environnemental discutable.
Une opportunité ratée pour l’innovation?
Le message est clair: sans pression réglementaire forte, l’innovation risque de ralentir. Les ingénieurs que j’ai pu interviewer sont unanimes – rien ne pousse plus à l’innovation que des normes contraignantes.
Pensez-y. C’est sous la contrainte des normes que les moteurs sont devenus plus propres. Que les systèmes Stop & Start se sont généralisés. Que l’hybridation est devenue la norme.
Pour vous, concrètement, ça signifie que vos options d’achat ne changeront pas dans l’immédiat. Les modèles thermiques et hybrides restent accessibles sans surcoût majeur lié au malus. Mais pour combien de temps?
Et maintenant?
Le rejet de cette réforme n’est probablement qu’une pause dans la marche vers une fiscalité automobile plus verte. Le gouvernement reviendra certainement avec une nouvelle mouture, peut-être moins ambitieuse ou plus progressive.
En attendant, le marché automobile français continue sa lente mutation. Les ventes de véhicules électriques progressent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs climatiques. Cette décision de l’Assemblée nous offre un répit, mais repousse aussi l’échéance d’une nécessaire transformation.
Alors, cher lecteur, allez-vous profiter de ce sursis pour acquérir un véhicule qui aurait été lourdement taxé? Ou anticipez-vous déjà le prochain tour de vis écologique qui, soyons-en sûrs, finira par arriver? La route vers une mobilité durable est semée d’embûches, mais elle reste notre seul horizon possible.

Je m’appelle Julien Ducret et je vis à Paris. Tesla, c’est mon obsession. J’ai toujours aimé l’électrique, mais tu sais quoi ? Voir une Model S traverser la campagne au lever du soleil, ça m’a donné envie d’écrire sur cette révolution qui roule vite !
